Il y a cent ans… Interventions étrangères en Russie

Nous avons célébré en grande pompe le centenaire de l’Armistice. La fin de la guerre ? La fin d’une guerre ! Alors que le conflit prenait fin, Londres, Paris, Washington et d’autres encore envoyaient leurs troupes en Russie pour renverser les bolchéviks. Il ne fallait surtout pas que la révolution contamine le reste de l’Europe. C’est d’ailleurs pour cette même raison qu’Hitler sera autorisé, quelques années plus tard, à remilitariser le Reich. Jacques Pauwels nous rappelle cet épisode trop méconnu dans cet extrait de son livre, 1914-1918, La Grande Guerre des classes.

Dans tous les pays d’Europe, la Grande Guerre avait favorisé la naissance d’une situation potentiellement révolutionnaire. Les gouvernements qui, comme en 1914, représentaient encore partout l’élite traditionnelle — à l’exception des têtes couronnées de la Russie et de l’Allemagne, etc. — réagirent soit par une répression impitoyable soit par des concessions sous forme de réformes politiques et sociales démocratiques, et parfois par une combinaison des deux. Dans le cas de la Russie, la révolution avait toutefois été menée à bien et les bolcheviks s’étaient mis à œuvrer à la toute première tentative au monde de bâtir une société socialiste. C’était une expérience pour laquelle les élites des autres pays n’avaient pas la moindre sympathie et dont elles espéraient qu’elle se terminerait le plus rapidement possible par un échec lamentable. (C’était également une expérience révolutionnaire qui allait décevoir de nombreux sympathisants parce qu’elle ne réaliserait pas l’Utopie socialiste en un clin d’œil.)

 

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